Je suis aujourd’hui directeur d’une agence d’urbanisme impliquée dans la direction de grands projets urbains. Diplômé d’HEC et de Sciences Po Urba, j'ai alterné, au cours de ma vie professionnelle, les missions d'étude-conseil et les responsabilités opérationnelles.
Mon fil directeur, depuis trente ans, c'est la recherche d'un "autre modèle" permettant de concilier développement et gestion intelligente des ressources. Ecoconvaincu de la première heure, je crois que le principe de croissance, inhérent à tous les organismes vivants, peut être rendu écocomptabible en substituant méthodiquement de la matière grise à la matière. Tel était le thème de mon premier livre,"La société soft" (Denoël, 1985). Ce premier credo m'a conduit sur les terrains de l'économie (programme de recherche "croissance et emploi", création d'emploi par les économies d'énergie...), de l'ingénierie (construction de maisons solaires), de l'informatique (édition de progiciels "bilan énergie"), puis, à nouveau, de l'urbanisme. Il me semble que l'organisation des villes est aujourd'hui une clef majeure pour la mise oeuvre d'une société plus économe. Pour changer la vie, il faut changer la ville ou plutôt les villes. Car chacune est un cas à part. Pour changer les villes, il faut des stratégies. Chemin faisant, je suis donc devenu "collectionneur de stratégies urbaines". J'ai cherché à savoir comment les villes les plus innovantes - Barcelone, Copenhague, Bilbao, Lisbonne, Gênes, Brême, Bâle, Fribourg, Vancouver, Lyon, Nantes, ou Bordeaux... - s'étaient organisées pour s'adapter à la nouvelle donne du développement durable. De ces rencontres, j'ai tiré quelques principes, que je m'efforce aujourd'hui d'appliquer dans tous les projets dont j'ai la responsabilité ( restructuration d'un centre ville, rénovation d'un quartier d'habitat social, création d'un quartier d'affaires...). Ils tournent autour des idées de cohérence, de temporalité, mais aussi de désir. Le développement durable doit, aujourd'hui, se rendre plus désirable.
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